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Viande froide cornichons, Crimes et suicides à mourir de rire

Publié en ligne le 20 juin 2007
Note de lecture d’Agnès Lenoire - SPS n° 274, octobre 2006

« Comment choisir la matière du linceul ? […] Une femme de 40 ans, assassinée à coups de poing, a été exhumée 6 semaines plus tard sous une épaisse couche de terre et un suaire réalisé avec 25 kg de colle pour carrelage (vol. 206, n° 3, p. 73-81). »
Extrait, page 46.

Édouard Launet n’a pas son pareil pour mêler science et humour. Dans son précédent livre Au fond du labo à gauche, il avait sélectionné pour nous, dans la revue Nature, quelques découvertes ou expériences surprenantes, drôles ou incongrues. Dans ce nouvel ouvrage, c’est la littérature des principales revues internationales spécialisées en sciences médico-légales qu’il épluche pour nous faire frémir. Âmes sensibles s’abstenir : on meurt beaucoup entre leurs pages.

Les médecins légistes sont de fins limiers ; ils savent parfois détecter le suicide sous une allure de crime acharné (une multitude de coups de couteau sur tout le thorax par exemple), ou inversement découvrent le crime maquillé en suicide. Parlons-en, des suicides : vous n’imaginez pas la diversité des méthodes ni la volonté farouche de certains candidats au grand saut ; alors l’auteur nous détaille les faits qui constituent la démonstration de leur obsession. Certains désespérés vont même jusqu’au « suicide complexe planifié », ce suicide avec options en cas d’échec de la méthode initiale.

« Ce genre d’entreprise dénote une féroce envie d’en finir et un certain goût du spectaculaire. Prenons un premier cas de figure plutôt simple : le suicide à deux pistolets. On s ’en colle un sur chaque tempe puis on presse les deux détentes simultanément. »

Ne vous impatientez pas : l’auteur vous présentera plus loin d’autres cas de figure moins simples. Et bien sûr les moyens mis en œuvre sont étroitement liés à la culture du pays : au Texas, on se flingue, on ne se jette pas sous le TGV.

Au passage, après les crimes et les suicides, Launet nous gratifie de quelques accidents : comme cet homme ivre qui, au cours d’une partie de pêche entre copains, fait le pari d’avaler un poisson vivant… et meurt étouffé. Ou ce marin pêcheur qui, pour se libérer les mains, bloque un poisson entre ses dents, lequel, entrevoyant une porte de sortie, se dégage d’un coup de queue… et plonge dans les bronches du monsieur.

Le ton, moqueur et familier, est digne de San Antonio, les recherches minutieuses dignes de Sherlock Holmes. L’association est réussie et, si vous aimez l’humour très noir, vous trouverez l’ouvrage délicieux.

Publié dans le n° 274 de la revue


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