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Un monde fou, fou, fou : décembre 2003

Publié en ligne le 18 août 2008 -

Ciel, une comète dans mon horoscope !

En octobre, E. Teissier annonçait sur son site la sortie de son livre de prédictions Votre horoscope 2004 – L’année de Jupiter et de Chiron. « Votre horoscope 2004 est une année rare, où Jupiter, synonyme de joie de vivre et de prospérité, s’alliera harmonieusement à Chiron, cette nouvelle planète qui symbolise la guérison et la quête spirituelle. »

Chiron : que vient faire ce nom abscons à côté d’une planète aussi connue que Jupiter ?

Les amateurs d’horoscopes « à la Teissier » s’ennuyaient-ils tant de cette ronde monotone de planètes autour de leur naissance, que l’astrologue éprouva le besoin de relancer l’intérêt par une accroche nouvelle ?

Apporter un peu de variété à une affaire qui risquait de s’étioler à force de rabâchage était sans doute un bon plan. Car Chiron n’est pas familier du grand public, même si l’astrologie l’utilise ponctuellement. L’inscrire dans le titre de son livre aux côtés de Jupiter et le présenter comme « nouvelle planète  » était destiné à attirer la curiosité, ne serait-ce que par association d’idée avec une découverte astronomique. Le lecteur, intrigué, irait automatiquement voir entre ses pages ce qu’il en était.

Alors partons nous aussi à la découverte de Chiron, mais entre les pages d’un dictionnaire 1.

Chiron, d’environ 180 km de diamètre, fut découvert en 1977 par l’américain Charles Kowal. A l’époque, il fut classé comme astéroïde, car doté d’une orbite très allongée, d’une période de révolution sidérale de 50 ans environ, évoluant entre Saturne et Uranus.

Les astronomes amateurs appellent quelquefois familièrement « petites planètes » des astéroïdes présentant une grande taille et visibles dans des instruments modestes (pourvu que leur position par rapport à la Terre le permette). C’est ainsi que l’on peut voir ces « cailloux » de l’espace, comme Cérès ou Vesta, dans des jumelles de bonne qualité. Mais ces astéroïdes font respectivement 1000 et 600 km de diamètre et orbitent entre Mars et Jupiter.

Chiron, lui, est de trop petite taille et se situe trop loin pour être accessible aux amateurs. Serait-ce suffisant pour lui refuser l’appellation de « petite planète » ? Sans doute non, car Chiron a aussi la particularité d’être presque sphérique, ce qui fait de lui un postulant raisonnable au statut de « planète ».

En fait Chiron ne peut pas être une planète, tout simplement parce qu’il a également été répertorié comme…. comète ! Les astronomes lui ont en effet découvert, en 1989, une chevelure qui se déploie modestement lors de son approche de son périhélie (point de son orbite le plus proche du Soleil).

Teissier n’ignore rien de ces caractéristiques. Mais elle n’en a cure. Ce qu’il lui faut, c’est un terme dont la définition oscille au gré des découvertes.

Cette stratégie lui permet deux choses : par l’expression « nouvelle planète », elle donne de l’importance à Chiron, l’apparentant aux découvertes récentes de planètes (extra-solaires), et par l’apport d’une nouveauté, elle tente de diversifier une activité répétitive et creuse.

Teissier conclut sur Chiron en affirmant : « Vu le caractère récent de cette découverte, la symbolique de Chiron reste un objet d’étude approfondie et méthodique »

Mais se pencher sur un caillou pendant 26 ans pour lui faire dire qu’il « symbolise la guérison », qu’est-ce d’autre que de l’incapacité affichée ?

Une sorcière subventionnée

Lena Skarning, une Norvégienne de 33 ans, exerce la profession de sorcière. Elle vend des philtres d’amour, des onguents magiques et de la poudre de perlimpinpin. Comme tout bon chef d’entreprise qui se respecte, et ne doutant de rien, elle est allée quémander une subvention à un fonds régional de développement économique. Son dossier a été examiné très sérieusement par les fonctionnaires ad hoc. Qui ont été séduits par sa petite affaire et lui ont donc octroyé une aide de 6400 €. De quoi s’acheter un nouveau balai...

Source : Ouest France, éditions Nantes du 22 octobre 2003.

Engouement pour la thérapie par l’urine

Depuis quelques années, la thérapie par l’urine prend une ampleur particulière au Cameroun. Cette pratique fait partie des méthodes de soins traditionnelles que l’on trouve là-bas. Mais le fait nouveau est qu’elle remplace maintenant les thérapies médicales, et que les Camerounais l’adoptent comme remède universel.

De la repousse des cheveux au traitement du sida, en passant par les hémorroïdes, l’urine serait le traitement naturel par excellence, efficace sur 64 maladies. Les médias sont responsables d’une large diffusion de cette nouvelle mode, répercutant tous les témoignages farfelus qui pourraient convaincre le public.

Deux livres, Amaroli 1 et 2, écrits par des Suisses 2, édités par Vivez Soleil, Haute-Savoie, s’arrachent à prix d’or. Il s’agit d’un recueil de témoignages pour le premier et d’une tentative de justification scientifique pour le second. Les auteurs de ces livres sont à l’origine du premier congrès mondial de la thérapie par l’urine, en 1996. Leur troisième congrès mondial a eu lieu en mars 2003 au Brésil et proposait, pour faire bonne mesure, de découvrir aussi les méthodes des guérisseurs autochtones.

Ce phénomène a amené le ministère de la santé publique camerounais à prendre position, par le biais d’un communiqué : « Compte tenu des risques de toxicité, à court, moyen et long terme, liés à l’absorption de l’urine, le ministère déconseille la consommation de l’urine et invite ceux qui en font la promotion à y mettre fin sans délai, sous peine de poursuites… »

L’urine peut se révéler dangereuse comme l’explique Jean Rollin Ndo, directeur de la Pharmacie et du Médicament au ministère de la santé : « L’urine est le liquide d’épuration du sang par les reins.[…] Il contient des déchets organiques comme l’urée, très toxique, la créatinine et beaucoup d’éléments minéraux. Or l’accumulation d’urine dans l’organisme, dans le sang notamment, suite à une insuffisance rénale aiguë, est dangereuse. Si l’on n’intervient pas par une dialyse, c’est la mort en quelques jours. »

Source : site internet Afrik.com

La soucoupe volante de Bagdad

La guerre en Irak a été déclarée non pas à cause du pétrole ou des armes de destruction massive, mais à cause d’un engin extra-terrestre naufragé dans le désert irakien en 1998. C’est du moins ce que veut une rumeur, à laquelle croient dur comme fer de nombreux amateurs d’E.T. et de théories du complot. Le vilain Saddam Hussein aurait voulu s’approprier la technologie extra-terrestre pour lui seul, mais de bons Américains auraient vu clair dans son jeu et auraient déclenché la guerre à temps. Même George W. Bush ne serait pas au courant de cette histoire, proclame le cercle d’OVNI-ologues néo-zélandais. Merci à l’Agence Science-Presse de nous tenir au courant…
Agence Science-presse

Rubrique réalisée par Agnès Lenoire

1 Renseignements pris dans : Philippe de la Cotardière et Jean-Pierre Penot, Dictionnaire de l’Astronomie et de l’Espace, Larousse, 1999.

2 Maître Johanne Razanamaha, Ludmilla De Bardo, Françoise Schaller-Nittelet et Kiran Vyas.

Publié dans le n° 260 de la revue


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