Accueil / Regards sur la science / La décomposition des algues vertes

La décomposition des algues vertes

Publié en ligne le 13 novembre 2009 -
par Guillaume Calu - SPS n° 288, octobre 2009

Suite à la mort cet été d’un cheval enlisé sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (22), l’État a demandé à l’Inéris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) un rapport d’étude sur la toxicité suspectée des nombreuses algues vertes y proliférant. L’Institut a remis son rapport fin août et confirme la présence de gaz toxiques dans les sédiments.

Les mesures réalisées le 13 août sur différents points de prélèvement ont une large gamme de concentrations : jusqu’à 1000 ppmv (parties par million en volume) d’hydrogène sulfuré, de 1 à 300 ppmv d’ammoniac et de diméthylsulfure. À 1000 ppmv d’hydrogène sulfuré, le rapport pointe du doigt une concentration qui peut être « mortelle en quelques minutes » 1. La grande variabilité dans les teneurs relevées selon les différents points de prélèvement peut s’expliquer par la quantité d’algues vertes présentes sur chaque zone et leur degré de décomposition.

Les dépôts et la fermentation d’algues vertes (principalement des ulves) sur l’estran, suite aux épisodes de marées vertes, entraînerait donc une émission particulièrement importante d’hydrogène sulfuré. Ces concentrations anormalement élevées pourraient expliquer la mort du cheval enlisé cet été, ainsi que le décès de deux chiens ayant « reniflé » des algues vertes en décomposition l’été dernier, sur une plage de la baie de Saint-Brieuc.

Les marées vertes sont liées à une eutrophisation des eaux côtières, notamment suite au déversement important de nitrates. La situation actuelle, observée en Bretagne depuis plusieurs décennies, pose de sérieux problèmes sanitaires, économiques et environnementaux.

Publié dans le n° 288 de la revue


Partager cet article


]