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Modern Families - Parents and Children in New Family Forms

Publié en ligne le 27 juillet 2015
Note de lecture de Gaëlle Guernalec Levy - SPS n° 313, juillet 2015

C’était il y a deux ans. Des manifestations, des défilés, des pancartes « un papa et une maman », et une sacrée pagaille chez les psys. Le 23 avril 2013 le mariage pour tous était finalement voté. La crainte de voir disparaître la famille traditionnelle avait nourri l’essentiel des débats. En accordant le mariage aux couples homosexuels, on leur ouvrait le droit à l’adoption, le début de la fin. Certains éminents psychanalystes (dont Jean-Pierre Winter, Pierre Levy-Soussan, Christian Flavigny) ont prédit le pire pour les enfants élevés par des couples homosexuels. D’autres (Laurence Croix et Olivier Douville), furieux que Freud soit récupéré à des fins idéologiques, ont lancé une pétition qui a recueilli 1200 signatures, affirmant que rien dans le corpus psychanalytique ne venait justifier une condamnation de l’homoparentalité.

Au cœur de ce débat, les études sur le devenir des enfants. Depuis 40 ans, elles se comptent par centaines. Dans un livre qui vient de paraître en Grande-Bretagne, Modern Families, Susan Golombok, chercheuse anglaise spécialiste de la famille qui travaille sur le sujet depuis les années 70, recense la plupart d’entre elles, les résume, les recoupe, les met en perspective, les compare, dans le but de parler de ces « familles contemporaines » : les homoparents, mais aussi les mères solo, les enfants issus de l’AMP, de dons de gamète, de mère porteuse. En France on a l’habitude de balayer ces données d’un revers de la main, les accusant de mille et un biais méthodologiques. C’est vrai que débattre in abstracto, à grands coups de théories, ça a quand même plus de panache.

Sur la base des centaines d’études passées en revue, voici les conclusions de Susan Golombok :

« Bien que les enfants dans les familles formées par des lesbiennes, des gays, des mères seules (par choix) ou par le recours à l’AMP sont indistinguables des enfants des familles traditionnelles en terme de bien-être psychologiques, il existe des différences de qualité de la parentalité entre ces familles, pose l’auteure. Contrairement aux attentes, ces différences reflètent généralement un niveau de qualité plus élevé plutôt que plus faible chez les nouvelles familles. L’explication la plus plausible pour ces résultats inattendus résident dans la très forte motivation dont ces personnes ont dû faire preuve pour avoir leurs enfants ».

« Quarante années de recherche sur ces familles ont échoué à conforter l’assertion que la famille traditionnelle est nécessairement le meilleur environnement dans lequel élever un enfant. Des familles de toute forme et toute taille se développent. Que les enfants aient un parent ou deux, que leurs parents soient des hommes ou des femmes, que ces derniers soient du même sexe ou du sexe opposé, qu’ils aient un lien gestationnel ou génétique avec eux, et qu’ils aient été conçus naturellement ou via une technique de reproduction assistée, tout cela semble moins compter pour des enfants que la qualité des relations familiales, le soutien de leur communauté et les attitudes de la société dans laquelle ils vivent. »

NB : Une analyse plus détaillée du livre de Susan Golombok est disponible sur le site de l’auteur : https://gguernalecblog.wordpress.com/2015/05/05/328/

Publié dans le n° 313 de la revue


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